Historique
Le groupe familial Mack annonce le projet depuis 2018. Il a donné lieu à plusieurs articles de presse et à une étude de la Collectivité européenne d'Alsace (CeA).
Passée de 16 hectares à près de 100 hectares en 50 ans, l'expansion d'Europa Park est aujourd'hui impossible sur le site de Rust, du côté allemand, celui-ci arrivant en limite de zone naturelle protégée et en limite de saturation. Il s'agirait donc de trouver de nouveaux sites pour augmenter les capacités du parc d'attraction et son potentiel d'hébergement.
Les annonces de complexe hôtelier ont été précédées de l'annonce d'un projet de téléphérique traversant les zones protégées du Taubergiessen pour relier €uropa Park à la rive française du Rhin.
En 2018, il s'agissait d'un complexe annoncé à 200 hectares près de Diebolsheim. Il aurait depuis été redimensionné à une soixantaine d'hectares de constructions hôtelières, avec des aménagements touristiques et de loisirs.
Les informations restent vagues : 800 chambres et 400 emplois sont annoncés, alors que, pour une capacité seulement supérieure de 30 %, €uropa Park compte un total de 5 800 lits, plus de 70 attractions et 7,5 millions de visiteurs annuels.
Démarches et tractations
L'entreprise familiale Mack annonce depuis quelques années une volonté d'expansion vers la rive française du Rhin, concrétisée par une série d'investissements et d'acquisitions : dans le vignoble alsacien à Ollwiller et à Diebolsheim, et à Eschau, où réside la filiale française de l'entreprise. Elle a aussi fait état de projets de téléphériques sur l'un ou l'autre site touristique alsacien, qui ont soulevé de vives oppositions.
Bétonnage contre démocratie
Le projet fait l'objet d'un grand intérêt de la part d'élu.e.s, qui ont soutenu la démarche, notamment le président du conseil général du Bas-Rhin (avant la création de la CeA), qui souhaitait la révision du Schéma de cohérence territoriale de Strasbourg, après avoir fait réaliser une étude, sous l'égide de l'Agence de développement d'Alsace (ADIRA), par des cabinets de conseil privés.
Cette étude a été financée via l'ADIRA à hauteur de 260 000 € (fonds publics), mais reste cachée au public. Nous sommes obligés de saisir la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) pour en prendre connaissance, l'ADIRA et la CeA n'ayant à ce jour transmis aucun document.
Après une mise en veille du projet en 2023, non officiellement annoncée, certain.e.s élu.e.s * ont entamé des réunions confidentielles, notamment dévoilées par le média Rue 89 Strasbourg en novembre 2025, pour aller plus loin dans l'appui à ce projet privé.
Impact local potentiel
L'accès au site (non précisément localisé à ce jour, mais proche de Diebolsheim) ne pourrait se faire que par la route. Il y aurait a minima 800 véhicules par jour effectuant des trajets quotidiens sur les routes départementales desservant Diebolsheim. Les données de trafic moyen indiquent environ 5 000 véhicules par jour actuellement : nous verrions une augmentation du trafic de l'ordre de 20 % en moyenne, pour une emprise annoncée à environ 60 ha. Les routes d'accès ont une capacité de trafic limitée et traversent des villages qui l'ont restreinte.
Au vu de l'expansion importante de l'entreprise Mack et d'€uropa Park ces dernières années, le projet €uropa Vallée serait une première bétonisation de terres agricoles dans le Ried de Centre Alsace, sans aucune garantie de limitation d'une extension future par des élu.e.s pour qui le moindre investissement immobilier est synonyme de « progrès ».
Le projet induirait un déséquilibre entre l'offre d'habitat et les besoins nouveaux d'hébergement, avec une difficulté significative d'accès au logement pour les habitants voisins.
Même si une partie des terrains convoités par l'entreprise Mack sont des champs de maïs, ils doivent être préservés du bétonnage. L'équilibre de l'écosystème du Ried de Centre Alsace et le respect des espaces naturels locaux sont des facteurs de bien-vivre. Les habitants du secteur n'aspirent pas à renoncer à cet agrément pour favoriser des investissements touristiques étrangers.
Impact global
€uropa Park ne publie pas son bilan carbone. Les nuisances visuelles et sonores du parc pèsent déjà sur la vie des habitants de Rust, sans que soit mentionnée la qualité de l'air dégradée par le trafic routier massif généré par les millions de visiteurs et les activités du parc. Une association allemande à Rust, Jetzt langt's !, se mobilise pour stopper l'expansion du parc dans la commune.
La qualité de l'air dans la région est régulièrement qualifiée de moyenne à mauvaise ; nous l'avons largement éprouvé à l'été 2026. De même, la canicule de cet été a été marquée par de fortes restrictions d'usage de l'eau dans les communes concernées par €uropa Vallée, et par le mauvais état des cours d'eau et de la nappe phréatique. Le cumul de nouveaux prélèvements en eau potable et de charges d'assainissement n'est pas envisageable à long terme, avec les périodes de restrictions prévisibles.
L'aménagement d'une attraction touristique majeure générerait un afflux comparable au sur-tourisme saisonnier du piémont des Vosges et de Strasbourg au moment de Noël.
Les actions menées
Depuis 2018, et plus massivement encore depuis 2025, nous avons organisé de nombreuses actions de sensibilisation de la population locale et fait entendre notre voix. Celle-ci porte ses fruits au sein de la population et mobilise, mais nos préoccupations sont à ce stade ignorées par les décideurs.
Actions réalisées à ce jour :
- Organisation de réunions publiques et de consultations citoyennes.
- Plaidoyer et interpellations auprès des protagonistes alsaciens du projet.
- Organisation de manifestations et tractage dans les communes voisines du site visé.
- Création d'une pétition ayant recueilli des milliers de signatures.
- Sensibilisation par des campagnes d'information et dans les médias.
- Création d'un site internet riche en données et argumentaires.
Exigences citoyennes
Nous demandons la communication de :
- L'ensemble des prescriptions et mesures de protection environnementale, les prescriptions relatives à l'urbanisation, et l'ensemble des zones et périmètres protégés sur le territoire de la communauté de communes d'Erstein-Benfeld ;
- Les avant-projets ou projets communiqués par l'entreprise à la CeA au sujet des caractéristiques du développement touristique et commercial ;
- Les réponses transmises à l'entreprise Mack par les services de la CeA, le temps de travail consacré par les services instructeurs à la rédaction de ces documents, ainsi que les documents émis par les services de l'État ;
- L'enquête et les conclusions du rapport de l'ADIRA de 2023 sur les perspectives de développement touristique et économique en Alsace centrale, ainsi qu'un récapitulatif des délibérations ayant permis le financement de cette étude ;
- Le bilan carbone, social et écologique de l'entreprise Mack dans son état actuel.
Nous considérons que tout projet sur le territoire doit être précédé d'une information exhaustive du public, d'une étude et d'une concertation publique sur les besoins et les attentes de la population, et d'une consultation sur les résultats de l'étude de l'ADIRA, avant de proposer un projet et de l'imposer à la population.
Les perspectives d'actions
- Organiser dans chaque commune une réunion d'information sur l'état actuel de la connaissance du projet et les risques réels d'une démarche autoritaire et non concertée, qui écarterait toute information du public et des citoyens.
- Diffuser étape par étape les réponses des pouvoirs publics sur les plans du projet et les tractations en cours.
- Préparer un plan d'action juridique dissuasif pour entraver toute modification des plans d'orientation territoriale et d'urbanisme visant à artificialiser et bétonner des espaces agricoles et naturels.
- Préparer une campagne de transparence sur l'impact environnemental réel d'€uropa Park et d'€uropa Vallée.
* Participants à la réunion confidentielle du 7 juillet 2025 : Stéphane Schaal, président de la communauté de communes du canton d'Erstein (3CE) ; le sous-préfet de l'arrondissement Sélestat-Erstein, Michel Robquin, ainsi que d'autres agents de l'État (DREAL, DDT, ONF, DGFIP…) ; la maire de Diebolsheim, Brigitte Neiter ; des cadres de la Collectivité européenne d'Alsace (CeA), de l'Agence de développement d'Alsace (ADIRA) et de la Région Grand Est ; et, bien sûr, des représentants du porteur de projet, la société Mack One. Ses actionnaires, la famille Mack, sont aussi aux commandes d'Europa-Park.
Acteurs mobilisés et contacts
- Association Alternative Nature : alternative-nature@laposte.net
- Collectif Le Chaudron des alternatives : contact@chaudrondesalternatives.fr
- Site internet : stop-europa-vallee.fr
- Canal d'information Telegram : t.me/NonEuropaVallee