Questions fréquentes
Tout ce que vous devez savoir sur le projet Europa Vallée, ses impacts et les moyens d'agir. Chaque réponse est sourcée.
1 Le projet
Qu'est-ce que le projet Europa Vallée ?
Europa Vallée est un projet de complexe hôtelier et de loisirs d'environ 60 hectares (initialement 150 à 250 hectares), porté par la famille Mack (propriétaires d'Europa-Park) via leur société Mack One France SAS. Il serait situé entre Diebolsheim et Sundhouse, en plein Ried alsacien, en face de Rust (Allemagne).
Voir la source Le projet est-il abandonné ?
Non. En juin 2024, Frédéric Bierry (président de la CEA) avait annoncé oralement l'abandon du projet au Chaudron des Alternatives. Mais en mai 2025, la CEA a voté pour tenter d'inscrire Europa Vallée dans le SCoT. En décembre 2025, le SCoTERS révisé a été approuvé sans retenir le projet, selon le président de la CCRM. Des réunions confidentielles entre élus et Mack One continuent cependant, et le projet n'est pas officiellement abandonné.
Voir la source Où en est le projet aujourd'hui ?
Le projet est au stade de la planification territoriale. La CEA a tenté de l'inscrire dans le SCoT en mai 2025, mais le SCoTERS révisé approuvé en décembre 2025 n'a finalement pas retenu Europa Vallée. Aucun permis de construire n'a été déposé. Des réunions confidentielles entre élus, services de l'État et Mack One ont eu lieu en 2025. La prochaine étape côté porteurs serait une nouvelle tentative d'inscription dans les documents d'urbanisme (SCoT ou PLU).
Voir la source Un permis de construire a-t-il été déposé ?
Non, aucun permis de construire n'a été déposé à ce jour (février 2026). Le projet en est encore à la phase de modification des documents d'urbanisme (SCoT, puis PLU).
2 Emploi et économie
Le projet va-t-il créer des emplois ?
Les promoteurs avancent des chiffres d'emplois, mais l'expérience d'Europa-Park côté allemand montre que la majorité des postes sont saisonniers et faiblement rémunérés (salaire médian hôtellerie : 1 400 € net/mois, 60 % de contrats saisonniers). L'étude à 260 000 € (EY/Arcadis/Ceresco), financée par l'argent public, conclut que le territoire est « favorable à d'autres projets que celui d'Europa Vallée ». Et le bassin de Sélestat affiche déjà 4,7 % de chômage (16ᵉ sur 321 en France) — le problème n'est pas le manque d'emplois, c'est leur qualité. Voir nos 8 propositions concrètes.
Voir la source Qui finance le projet ?
Le projet serait financé par la famille Mack via Mack One France SAS (SIREN 893 901 678, capital 1 M€). Cependant, 260 000 € d'argent public ont déjà été dépensés pour une étude (Région : 100 000 €, CEA : 100 000 €, État : 50 000 €, intercommunalités : 10 000 €) dont les conclusions défavorables ont été gardées secrètes pendant 2 ans.
Voir la source Le tourisme de masse est-il compatible avec le Ried ?
Le Ried est un écosystème fragile de zones humides, prairies inondables et forêts alluviales. Un complexe hôtelier de 60 hectares générerait un afflux de véhicules (aucun transport en commun n'est prévu), une artificialisation des sols, des perturbations de la nappe phréatique et du bruit — autant de facteurs incompatibles avec la préservation de cet environnement sensible et des espèces protégées qui y vivent.
3 Environnement
Le projet menace-t-il des zones protégées ?
Oui. Le site du projet se trouve en bordure immédiate de la ZSC « Rhin-Ried-Bruch » (FR4201797, 20 086 ha), dont le périmètre couvre des habitats naturels au sein même des communes de Diebolsheim et Sundhouse. Le Ried est également un site Ramsar (zone humide d'importance internationale) et ZNIEFF. Même si le projet cible des terres agricoles, son adjacence directe avec ces zones protégées impose une évaluation d'incidences rigoureuse. Ces protections sont plus étendues que celles de Roybon, où le Center Parcs a pourtant été abandonné après 13 ans de lutte.
Quelles espèces protégées sont menacées ?
Le Ried abrite plusieurs espèces protégées aux niveaux national et européen : le Grand Hamster d'Alsace (Cricetus cricetus, en danger critique), le Courlis cendré (Numenius arquata), le Râle des genêts (Crex crex), ainsi que de nombreuses espèces d'amphibiens, de libellules et de plantes des zones humides. Tout projet impactant ces espèces nécessiterait une dérogation « espèces protégées » qui peut être contestée en justice.
Qu'est-ce que la loi ZAN et quel est son impact ?
La loi Climat et Résilience de 2021 impose l'objectif « Zéro Artificialisation Nette » (ZAN) d'ici 2050, avec une réduction de 50 % de l'artificialisation d'ici 2031. Artificialiser 60 hectares de terres agricoles et de zones humides est difficilement compatible avec ces objectifs. Cet argument n'existait pas lors du combat de Roybon.
4 Démocratie et transparence
Les habitants ont-ils été consultés ?
Non. Aucune consultation publique n'a eu lieu. Le rapport de l'étude à 260 000 € — qui reflète l'opposition des habitants — a été gardé secret. Des réunions confidentielles ont eu lieu entre élus, services de l'État et Mack One, avec consigne explicite de ne pas en parler : « Tout le monde doit garder le secret [...] ce dossier ne doit pas être un sujet pour les élections municipales » (Stéphane Schaal, président de la CC d'Erstein, selon Rue89 Strasbourg).
Voir la source Pourquoi l'étude à 260 000 € n'est-elle pas publique ?
L'ADIRA, qui a piloté l'étude EY/Arcadis/Ceresco, refuse de communiquer le rapport malgré son financement 100 % public. Selon les conclusions révélées par Rue89 Strasbourg, l'étude conclut que le territoire est « favorable à d'autres projets que celui d'Europa Vallée ». Ce rapport est un document administratif communicable au titre de la loi CADA.
Voir la source Y a-t-il des conflits d'intérêts ?
Plusieurs situations de cumuls de fonctions soulèvent des questions. Par exemple, Frédéric Bierry a commandité l'étude en tant que président de l'ADIRA, puis porté politiquement le projet en tant que président de la CEA. Catherine Graef-Eckert est simultanément VP de la CEA et VP de l'ADIRA. Ces situations sont détaillées et sourcées sur notre page Acteurs.
5 Agir
Comment puis-je m'opposer au projet ?
Plusieurs actions sont possibles : signer la pétition « Ça suffit ! Jetzt langt's ! » sur Change.org, écrire à votre maire et aux candidats aux municipales 2026, participer aux actions des collectifs (Le Chaudron des Alternatives, Alsace Nature, Jetzt Langt's, WVN), rejoindre le groupe Telegram, et diffuser l'information autour de vous. Consultez notre page Actions pour plus de détails.
Le combat juridique peut-il réussir ?
Oui. Le précédent de Roybon (Center Parcs, Isère) montre qu'un projet similaire — même soutenu par des élus puissants — peut être stoppé par la voie juridique. Et les protections environnementales du Ried (Natura 2000 en bordure immédiate du projet, Ramsar, loi ZAN) sont au moins aussi fortes que celles de Roybon, voire plus. Consultez notre page Roybon pour l'analyse complète.
Y aura-t-il une enquête publique ?
Oui, obligatoirement. Toute modification de PLU et tout dossier « loi sur l'eau » ou permis de construire de cette ampleur nécessite une enquête publique. C'est un moment clé pour exprimer son opposition et documenter les insuffisances du projet. Nous vous tiendrons informés des dates dès qu'elles seront connues.
Qu'est-ce que vous proposez à la place ?
8 propositions concrètes : désenclaver le Ried (véloroute express, navettes), transformer le site Baumlin à Wittisheim en pôle artisanal (modèle Wesserling : 150 entreprises sur une ancienne friche), développer l'écotourisme, attirer des télétravailleurs, créer une légumerie pour les cantines locales, des coopératives solaires citoyennes, des services de proximité pour les anciens, et soutenir l'économie circulaire. Tout est chiffré, sourcé, avec des modèles qui marchent déjà ailleurs. Lire nos propositions.
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